La déchéance du terme d'un prêt ne modifie pas la nature des intérêts qui restent soumis à la prescription quinquennale.
On sait que les actions en paiement des intérêts des sommes prêtées se prescrivent par cinq ans (C. civ. art. 2277).
Lorsque le prêteur a notifié à l'emprunteur la déchéance du terme, qui rend exigible l'intégralité des sommes dues en capital et intérêts, cette prescription demeure applicable à la créance d'intérêts car la déchéance du terme ne modifie pas la nature de la dette.

à noter Précision inédite.
La déchéance du terme d'un prêt fait perdre à l'emprunteur le bénéfice de la date initialement fixée pour le remboursement du prêt et rend immédiatement exigibles toutes les sommes (capital et intérêts) restant dues au prêteur. Pour autant, la déchéance n'a pas pour effet d'incorporer les intérêts réclamés au capital restant dû. La distinction entre dette de capital et dette d'intérêts demeurant, cette dernière reste soumise à la prescription de l'article 2277 du Code civil.
Pour qu'une dette de caractère périodique se tranforme en dette de capital, il faut qu'il y ait eu novation c'est-à-dire volonté des parties de créer un lien entre les deux obligations, substitution d'une obligation à une autre et existence d'un élément nouveau. Ainsi, une dette de loyers, quoique exprimée en capital dans une reconnaissance de dettes, conserve sa nature dès lors que la volonté des parties d'opérer la novation ne ressort pas clairement de l'acte (Cass. mixte 12-4-2002 no 209 : RJDA 7/02 no 733). En revanche, lorsque le créancier et le débiteur sont convenus que les intérêts à échoir se capitaliseront à la fin de chaque année pour produire eux-mêmes des intérêts (C. civ. art. 1154), les sommes ainsi capitalisées ne constituent plus des intérêts mais un nouveau capital qui s'ajoute au premier et dont le paiement se prescrit par dix ou trente ans conformément au droit commun (Cass. com. 20-1-1998 no 232 : RJDA 5/98 no 667).



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