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Recrutement – Travail : quels sont les critères d’employabilité ?

Facteur d’insertion sociale et de performance de l’entreprise, l’employabilité est une priorité tant pour le salarié que pour l’employeur. Le concept et les critères qui le qualifient ont fortement évolué ces dernières années. Le point avec Nathalie Allizan, DRH SEJER (Nathan, Bordas, Le Robert, Retz, CLE International).


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La Quotidienne. Que recouvre la notion d’employabilité ?

Nathalie Allizan. L’employabilité se caractérise par le fait que des salariés peuvent trouver une nouvelle activité sans grande difficulté du fait de la mise à jour régulière de leurs connaissances.

La Quotidienne. Depuis que vous exercez vos fonctions de DRH, avez-vous constaté une évolution nette des critères techniques et des critères comportementaux d’employabilité ? La transformation numérique y a-t-elle participé ?

N. A. En effet, pour la partie technique, le digital fait partie des critères d’employabilité. Par exemple, dans les directions marketing, il est nécessaire que les collaborateurs connaissent le marketing digital. En ce qui concerne le métier d’éditeur, on parle d’éditeur multi-supports, ce qui implique une connaissance du numérique sans pour autant en être un expert.

Pour les critères comportementaux, plus qu’une évolution des critères eux-mêmes, je parlerai de la forte évolution du management qui fait preuve aujourd’hui d’une plus grande écoute et de plus de bienveillance.

La Quotidienne. Variables selon le milieu professionnel, les critères d’employabilité reflètent les compétences attendues d’un candidat à l’embauche. Quel que soit le milieu, quels sont, selon vous, les trois critères indispensables ?

N. A. Les trois critères indispensables sont les compétences techniques, la bienveillance et la curiosité.

La Quotidienne. Les soft-skills ont-elles pris l’avantage sur le savoir-faire ? Pour quelles raisons ?

N. A.En effet, on parle de plus en plus en premier lieu des soft-skills. Le déficit en savoir-faire, dès lors que la personne est curieuse et apprenante, peut être comblé. Certes, on peut améliorer les soft-skills mais cela peut se révéler plus long que l’acquisition de compétences techniques par une formation.

La Quotidienne. Parmi les savoir-faire, figure celui de l’expression écrite. Selon un sondageOpinionWaypour Hatier (réalisé auprès d'un échantillon de 205 DRH d'entreprises de 50 salariés et plus et d'un échantillon de 501 actifs du tertiaire), les difficultés liées à la rédaction touchent avant tout les actifs de moins de 30 ans. Avez-vous observé cette tendance ?

N. A. Les difficultés en expression écrite ne touchent pas que les moins de 30 ans. Il y a déjà une vingtaine d’année, on disait que les jeunes ne savaient pas écrire. Il y a peut-être aujourd’hui, une meilleure prise de conscience de ce problème et, par conséquent, des réflexions sur le meilleur moyen pour améliorer l’expression écrite.

La Quotidienne. Est-ce que la baisse du niveau d’orthographe alourdit le processus de recrutement dans votre entreprise, éditeur d’un dictionnaire de référence ?

N. A. Non, nous faisons des tests si nécessaire et ce depuis longtemps.

La Quotidienne. Sur l’ensemble des critères d’employabilité, à quel niveau se situe dans votre entreprise ceux relatifs à l’orthographe et à l’expression écrite ? Pour quelles raisons ?

N. A. Nous travaillons sur le marché de l’édition et, de ce fait, nos salariés doivent avoir une expression écrite correcte et une orthographe parfaite.

La Quotidienne. Avez-vous déjà envisagé de proposer une formation dès l’embauche ou tout de suite après l’embauche à un collaborateur dont l’orthographe était défaillante mais qui remplissait les autres critères de recrutement ?

N. A. Nous pouvons le faire si c'est vraiment nécessaire.

Propos recueillis par Audrey TABUTEAU

© Editions Francis Lefebvre - La Quotidienne