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Exiger un brushing pour travailler est discriminatoire

Le Défenseur des droits considère que l'exigence d'un brusing lisse pour des hôtesses d'accueil à la demande d'un club de football constitue une discrimination liée à l'apparence physique.


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©Gettyimages

Déf. Droits 2026-113 du 20-5-2026

Dans cette affaire, il était demandé à une hôtesse d'accueil embauchée par une agence et mise à la disposition d'une entreprise pour un match de football de réaliser un brushing lisse. Cette exigence était valable pour toutes les hôtesses embauchées pour cet événement.

L'hôtesse avait répondu à sa responsable que, compte tenu de sa nature de cheveux, un tel lissage n'était pas possible. Il lui avait alors été répondu que faute de pouvoir se conformer à l'instruction concernant sa coiffure, sa participation était annulée.

Saisi, le Défenseur des droits estime, dans une décision du 20 mai 2026, que l'employeur est coupable d'un refus d'embauche discriminatoire lié à l'apparence physique. Elle lui recommande : 

  • de revoir ses pratiques en matière de recrutement afin de respecter le principe de non-discrimination, en s'abstenant notamment de conditionner l'exécution d'une mission à la réalisation d'une coiffure incompatible avec la nature de cheveux du candidat sélectionné ;

  • de faire suivre aux personnes en charge du recrutement des hôtes et des hôtesses une formation de sensibilisation à la lutte contre les discriminations dans l'emploi ;

  • de se rapprocher de l'hôtesse en vue de réparer son préjudice.

Quant au club concerné, le Défenseur des droits constate qu'il a commis une injonction de discriminer. Il lui est demandé :

  • de veiller à ce que les choix de mise en beauté des hôtes et hôtesses mis à sa disposition lors des rencontres sportives, qui peuvent notamment  comprendre des choix de coiffure, soient exempts de conditions discriminatoires, y compris quant à la texture des cheveux ;

  • de sensibiliiser son personnel en charge des relations avec les agences partenaires à la prévention des discriminations dans l'emploi.

A noter :

Rappelons qu'une proposition de loi avait été adoptée le 28 mars 2024 à l'Assemblée nationale visant à intégrer dans le Code du travail la discrimination capillaire. Ce texte faisait écho à un arrêt de la Cour de cassation du 23 novembre 2022 qui avait décidé qu'une compagnie aérienne ne pouvait pas interdire à l'un des stewards le port de tresses nouées en chignon (Cass. 23-11-2022 n° 21-14.060 FP-PBR : RJS 2/23 n° 55). La proposition de loi n'a pas été examinée par le Sénat

© 2026 Lefebvre Dalloz - La Quotidienne

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