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Intelligence artificielle : l’ACPR lance un appel à contribution

Compétitivité, relation client, conformité… l’intelligence artificielle constitue une priorité stratégique pour le secteur financier depuis quelques années. L’ACPR dresse un état des lieux des pratiques actuelles et identifie les enjeux pour ses missions de régulation et de contrôle.

ACPR, 21-12-2018


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L’ACPR lance un appel à contribution sur le thème des enjeux de l’intelligence artificielle pour le secteur financier. 19 questions, basées sur un document de réflexion publié par le régulateur sur son site Internet, sont soumises à commentaire, les réponses devant être envoyées à l’adresse fintech-innovation[at]acpr.banque-france.fr avant le 28 février 2019. Elles permettront à l’ACPR de « poursuivre sa réflexion sur le sujet, en lien avec la task force qu’elle anime, et de proposer des pistes d’actions ».

Le document de réflexion en question est le fruit de discussions et d’échange avec les différents acteurs concernés (fédérations professionnelles, fintechs, autorités publiques de contrôle, etc.). Il présente un premier état des lieux des projets fondés sur l’intelligence artificielle (IA) dans le secteur financier et un diagnostic des facteurs qui accélèrent leur développement.

Les projets sont « à des niveaux d’avancement disparates », reconnaît l’ACPR, mais « toutes les conditions sont réunies pour un développement rapide et généralisé ». En premier lieu, la maîtrise de l’IA apparaît comme une priorité stratégique sur le plan de la compétitivité. Les intérêts sont multiples : marketing, commerciaux, risques, etc. L’IA transforme également les modalités de la relation client (personnalisation des produits, maîtrise des risques de souscription, tarification, etc.) et vise à améliorer le service rendu. Enfin, après la crise des années 2007 à 2011, les banques et les assurances ont aussi fait porter leurs efforts sur le renforcement des départements de conformité et de gestion des risques (« Regtech »), fortement encouragées par les évolutions réglementaires et le renforcement de la supervision financière. Même si, pour le moment, les textes actuels ont été écrits dans l’idée que les contrôles sont effectués par des humains, l’IA pourrait permettre d’automatiser certains processus. L’ACPR défend donc l’idée que l’introduction de l’IA appelle notamment à « une réflexion spécifique sur les modalités du contrôle réservé aux humains ».

Le développement de l’IA amène aussi l’ACPR à relever plusieurs défis. À court terme, l’autorité de contrôle entend « accompagner le marché afin de s’assurer de son appropriation des techniques de l’intelligence artificielle dans des conditions qui garantissent le respect des objectifs réglementaires et permettent le contrôle par le superviseur ». Elle juge également nécessaire d’anticiper les mutations du marché afin d’adapter les réglementations et les méthodes de supervision. Enfin, l’ACPR souhaite aussi tout simplement tirer parti des techniques de l’IA pour l’exercice de ses propres missions.

Patrick DESPIERRES

© Editions Francis Lefebvre - La Quotidienne