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Rupture conventionnelle avec un salarié protégé : la violence morale peut vicier le consentement

L’existence d’un harcèlement moral ne fait pas, à elle seule, obstacle à la rupture conventionnelle du contrat d’un salarié protégé. Mais l’autorisation doit être refusée lorsque les faits ont placé le salarié dans une situation de violence morale ayant vicié son consentement.

CE 4e-1e ch. 24-7-2026 n° 505713, Société Générale


Par Laurence MECHIN
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©Gettyimages

Le harcèlement ne fait pas nécessairement obstacle à la rupture

Saisi d’une demande d’autorisation de rupture conventionnelle concernant un salarié protégé, l’inspecteur du travail doit notamment vérifier que la rupture n’a pas été imposée et qu’aucune circonstance liée au mandat ou à l’appartenance syndicale n’a vicié le consentement du salarié.

Le Conseil d’État rappelle que l’existence de faits de harcèlement moral ou de discrimination commis par l’employeur n’interdit pas, par elle-même, d’autoriser la rupture conventionnelle. Il en va toutefois autrement lorsque ces faits ont vicié le consentement du salarié (CE 13-4-2023 n° 459213 ; CE 16-5-2025 n° 493143).

Une situation de violence morale caractérisée

En l’espèce, le salarié, responsable d’une agence bancaire et membre du CSE, était en arrêt maladie pour une pathologie liée à la dégradation de ses conditions de travail et aux pratiques managériales de sa supérieure hiérarchique.

Lors de la signature de la convention, il avait reçu les conclusions d’une enquête interne minimisant ces pratiques. Une expertise réalisée à la demande du CSE les avait ensuite qualifiées de « persécutrices », faisant notamment état de propos culpabilisants ou dévalorisants visant à intimider les salariés et à les pousser à la démission.

Dans ces circonstances, le salarié pouvait considérer qu’aucune mesure ne serait prise par son employeur pour mettre fin aux dysfonctionnements altérant son état de santé. Le Conseil d’État approuve donc les juges du fond d’avoir retenu une situation de violence morale viciant son consentement.

L’inspecteur du travail ne pouvait donc pas autoriser la rupture conventionnelle.

© 2026 Lefebvre Dalloz - La Quotidienne

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